Cadre dans la finance et photographe, Jérôme Müller a fait d‘Ordinary Man le lieu où ses deux vies se rejoignent. Sur une vue urbaine à l’aube, prise depuis l’une des villes où le mène son métier, il a recopié à la main l’un de ses rapports professionnels, document dont les informations perdent leur valeur sitôt produites. La photographie sauve par un geste artisanal ce que le rythme de la finance condamne à la péremption immédiate. Le quotidien le plus prosaïque devient palimpseste, la ville se voile de sa propre narration épuisée, et l’image conserve les mots auxquels plus personne, désormais, n’a d’usage.